Jean-Yves CHABOT

1956 Creil (FR)

 

Photo © Jacques Robert

Jean-Yves Chabot, with a broken jaw and plastered fingers, sought refuge in his model building since he was very young. In silence, in solitude and in secret, he cuts carton, wood cut-offs or plastic. He collects plastic bottle tops, which serve as wheels for his vehicles. Corks are used to form an animal body or head. It’s all recovered material: he glues, moulds and transforms the primary material, he accumulates cars, tractors, chariots, hay bales … Eventually all is huddled together because of lack of space, dust and spiders’ webs taking possession and putting down roots. Shelves proliferate precariously along the walls.

(Bruno Gérard, Trouble pictural. Saison 2, Maison Folie Le Colysée de Lambersart, Edition Centre La Pommeraie, Ellignies-Sainte-Anne, 2014)

Jean-Yves Chabot est le seul artiste à récupérer des morceaux de cartons, de bois et des bouchons pour construire des maquettes de véhicules et de chariots dans un lieu isolé. L’atelier lui permet d’accéder aux couleurs et d’y peindre ses objets.

Marie-Françoise Bouttemy, chargée de projets au Conseil général du Pas-de-Calais
(Marie-Françoise Bouttemy, « L’art d’être dans le présent », in : Emergence, Ed. Centre La Pommeraie / Maison de la Culture de Tournai, Ellignies-Sainte-Anne / Tournai, 2015)

Jean-Yves Chabot dépose sur la table ses véhicules miniatures en carton, par petits groupes. Il a mis des fonds de couleurs dans plusieurs godets de la palette en plastique qui en comporte douze. Il amène la palette, puis c’est le tour du gobelet avec de l’eau. 
Ses mains sont atrophiées. L’auriculaire, le majeur et l’index de chaque main sont soudés pour donner un immense doigt. Ce handicap ne l’empêche pas de saisir son pinceau, de le tremper dans la couleur, de prendre une voiture de l’autre main et de la peindre. 
Ainsi, il s’attaque à une voiture tractant une caravane, une camionnette avec remorque, une jeep, une voiture ordinaire et deux véhicules vans. Il les a découpés dans du carton ondulé et assemblés, en étant attentif aux détails : le volant, les sièges, pour lesquels il utilise du carton plus fin de réemploi. Il a eu recours à du plexi pour les pare-brise et autres éléments vitrés. Les roues sont constituées de bouchons de bouteilles en plastique, des blancs et des bleus. La plupart du temps, si les roues sont d’une couleur pour le véhicule tractant, elles sont d’une autre pour la remorque.
Le souffle puissant et sonore, Jean-Yves Chabot est concentré sur son ouvrage, tenant la voiture à quelques centimètres des yeux. Il applique une couleur sur le capot. Le pinceau est généreux en couleur qu’il étale, sans viser à une perfection dans le lissé. Il éloigne le véhicule du visage pour mieux voir l’état général et fait quelques retouches. Il trempe le pinceau dans l’eau, tire un mouchoir en papier de sa poche de pantalon pour essuyer les poils. Il laisse vierge de couleur la zone entre la portière et le volant, vraisemblablement parce que, sinon, il abimerait le délicat volant de carton blanc…

Jacky Legge, coordinateur des expositions à la maison de la culture de Tournai
(Jacky Legge, « Jean-Yves Chabot », in : Emergence, Ed. Centre La Pommeraie / Maison de la Culture de Tournai, Ellignies-Saint-Anne / Tournai, 2015)