Vincent FENEYROU  

1974  Croix (FR)

 

Photo Jacques Robert

La peinture de Vincent se fait dans l’action, debout, virevoltant d’un bout à l’autre de l’atelier. Partir, revenir, apposer une touche de couleur qui se superpose à l’ancienne. L’acte de peindre doit aller vite mais finir l’ensemble de la feuille, de la toile prend du temps. Musicien, Vincent aime la musique classique, il en est de même de la peinture, sa culture est classique et régulièrement il revisite des nativités, des scènes religieuses. Parfois j’ai la sensation que le sujet, la forme lui importe peu et sa vraie passion est la couleur et les touches de peinture acrylique qu’il superpose.
Bruno Gérard, 2017

 Vincent est un homme grand, élancé, toujours en mouvement. Il ne peut rester concentré devant sa toile très longtemps. Il doit bouger, traverser à grandes enjambées l’atelier pour nettoyer son pinceau, changer de brosse ou prendre de la peinture acrylique. Ses yeux sont partout, il est à l’affut de la moindre conversation à laquelle il pourrait participer. Avant de peindre il réalise toujours une série de croquis qu’il reporte sur la toile mais quand il commence à peindre, il est emporté, le pinceau courre sur la toile semblerait-il de manière anarchique. Généralement le dessin préparatoire disparait et d’autres formes apparaissent. Les couleurs foisonnent, se superposent, redéfinissent une forme qu’il changera quelques instants plus tard.
(Bruno Gérard, « Vincent Feneyrou », in : Biennale Art partagé, Rives, 2014)

Portrait d’artiste

Vêtu d’habits de jeune branché et la barbe négligée, Vincent Feneyrou est debout, un petit pinceau à la main, en train d’appliquer de la couleur acrylique sur un [dessin] qui occupe toute la surface d’une grande feuille. Celle-ci est clouée au mur par les quatre coins. Il avait tracé les contours au crayon. (…) Vincent aime parler ou chantonner, ce qui agace ses voisins (…). « Je bosse toujours debout. » (…) Vincent a un beau sens des couleurs. Il occupe toute la surface de la feuille. (…) Vincent est mouvements permanents et paroles incessantes. Il apprécie qu’on s’intéresse à lui. (…) Il éprouve régulièrement des difficultés à se concentrer longtemps sur ce qu’il fait. Il a tendance à oublier, à un certain moment, l’idée de base qui a déclenché une composition. Alors il voyage sur le papier à l’image de ses mouvements constants dans l’atelier. Il peut, malgré tout, s’appliquer et peindre des grandes zones monochromes, mais le pinceau débordant va apporter des nuances. (…) Sans raison apparente, Vincent saisit la palette ovale en bois et poursuit ses applications de coloris, sans plus se dessaisir de son support de création, le pousse passé dans le trou.

(Jacky Legge, « Vincent Feneyrou », in : Bruno Gérard et Jacky Legge, Emergence , Ed. Centre La Pommeraie / Maison de la Culture de Tournai, Ellignies-Saint-Anne / Tournai, 2015)