Oscar HAUS 

1939  Hennuyères (BE) 

Photo © Jacques Robert

Avant tout musicien, Oscar joue de l’accordéon depuis qu’il est haut comme « trois pommes » et c’est avec naturel, qu’à l’âge de la retraite, « pour passer son temps », il dessine des accordéonistes. Ses modèles sont les musiciens avec qui il a joué lors des bals du samedi soir sous chapiteau, ou qu’il a rencontré ou encore qu’il admire. Dessins de guinguettes, festifs très colorés, où l’on discerne dans un deuxième temps, un certain malaise qui se dégage des personnages sans volume corporel, aux visages figés et grimaçants. Il emploie indifféremment le crayon de couleur ou le pastel. Il passe et repasse plusieurs fois sur la même surface pour lui donner un aplat parfait.

(Bruno Gérard, Débridé(e)s, Ed. Centre La Pommeraie, Ellignies-Sainte-Anne, 2008 – Prix Fondation Désidé Jaumain)

Portrait d’artiste

Quand il était encore capable de se rendre à l’atelier,] Oscar venait avec des photos, des pochettes de 33 tours d’Yvette Horner ou d’André Verschuren, et s’en inspirait pour représenter l’accordéon avec une extrême minutie. Pas question de dessiner un accordéon chromatique avec plus de boutons ou de touches de piano, que celui représenté sur le cliché. Le soufflet de l’accordéon diatonique était reproduit avec la même minutie. Il transcrivait la marque dans sa graphie originelle. Ce soin apporté à l’exactitude ne le préoccupait plus autant lorsqu’il s’attaquait aux mains, dont les doigts pouvaient être démesurés afin d’atteindre les touches.

Jacky Legge, coordinateur des expositions à la maison de la culture de Tournai
(Jacky Legge, in : Emergence, Ed. Centre La Pommeraie / Maison de la Culture de Tournai, Ellignies-Saint-Anne / Tournai, 2015)

Oscar occupait toujours la même table qu’il avait couverte avec du papier Kraft, afin de ne pas salir son dessin. Un jour, Bruno lui confia ses propres crayons de la marque Karisma. Il ne voulut plus en utiliser d’autres… Il aimait la forme biseautée de la mine, le rendu sur le papier. Ce choix réduisit naturellement la gamme chromatique des dessins, car Karisma commercialisait un nombre plus limité de crayons que la plupart des autres marques.

Jacky Legge, coordinateur des expositions à la maison de la culture de Tournai
(Jacky Legge, in : Emergence, Ed. Centre La Pommeraie / Maison de la Culture de Tournai, Ellignies-Saint-Anne / Tournai, 2015)