Michel DAVE

1941 Jumet (BE)

Photo © Jacques Robert

Michel a une santé fragile mais cela n’affecte en rien son travail plastique. Que se soit dans sa ou à l’atelier il continue sa route à l’affût de toutes les nouveautés, de tous les accidents qui marquent son dessin. Il ne se lasse pas de son dictionnaire, des mots improbables qu’il rencontre au fil des pages. Economie de moyen (le marqueur acrylique) et de couleurs (le bleu clair, le bleu foncé et le vert.) Chacune rempli une fonction bien précise dans le dessin. Témoin de notre quotidienneté, Michel soupèse longuement chaque mot inscrit sur le papier, enfermé ensuite dans une bulle ou entouré par une infinité de points.

(Bruno Gérard, Débridé(e)s, Ed. Centre La Pommeraie, Ellignies-Sainte-Anne, 2008 – Prix Fondation Désidé Jaumain)

Michel Dave (…) évince le dessin au profit du seul scriptural. Résultat : l’espace se mue en réceptacle du temps. Les phrases se succèdent, quelquefois se répètent en anaphore. Elles prolifèrent, envahissent. Elles disent le ténu d’une perception, d’une pensée, d’un souvenir, d’une obsession. Elles réclament du regardeur de recréer lui-même l’imagerie qui n’est pas visualisée. Elles lui demandent également, dans un deuxième temps de réception plus complexe, d’évacuer le sens des vocables, des syntagmes afin de les appréhender comme démarche plastique.
Michel Voiturier, critique d’art, écrivain et essayiste
(Michel Voiturier, « Michel Dave : Peindre l’écrit », in : Appel Group, Edition Centre La Pommeraie, Ellignies-Sainte-Anne)

Si les phylactères sont présents dans une case de bandes dessinées, c’est afin de transmettre les paroles, les pensées d’un personnage dont l’action, représentée au moyen du trait, ne suffit pas à la compréhension. Michel Dave ne laisse subsister que la bulle. (…) Il nous met donc en présence d’une œuvre picturale remettant en cause la question de la représentation. Voilà une peinture qui ne montre rien et qui permet de tout montrer dès l’instant où le mot se métamorphose en vision dans l’alchimie perceptive de notre cerveau.
Michel Voiturier, critique d’art, écrivain et essayiste
(Michel Voiturier, « Michel Dave : Peindre l’écrit », in : Appel Group, Edition Centre La Pommeraie, Ellignies-Sainte-Anne)

C’est l’inventaire méthodique des préoccupations humaines que peint Michel Dave, le temps se déclinant sous la forme de phrases courtes, tantôt descriptives, tantôt prospectives (…). Les actes anodins, ce rituel du quotidien auquel nous nous prêtons machinalement sans qu’il ne s’inscrive en notre mémoire est systématiquement répertorié par ce scribe de l’accessoire.
Xavier Canonne, ex-chef du Secteur des Arts plastiques de la Province de Hainaut et actuel directeur du Musée de la Photographie à Charleroi
(Xavier Canonne, in : Michel Dave et François Defontaine, Mons, Salle St-Georges, 1996)

Rien n’est laissé au hasard, chaque mot est longuement soupesé – étudié – vérifié. Le dictionnaire est le compagnon indispensable à la recherche, il permet des découvertes fantastiques, chaque page recèle des trésors et permet à Michel Dave de parcourir un paysage encore inexploré. S’arrêter sur le mot et en puiser tout l’énergie pour la restituer différemment. Le mot peut être transformé dans sa forme, dans son sens. Jouer avec nos codes, nos règles pour mieux nous renvoyer à la magie de notre quotidien.
Bruno Gérard, animateur de l’atelier dessin du Centre La Pommeraie
(Bruno Gérard, in : Michel Dave et François Defontaine, Mons, Salle St-Georges, 1996)