Jean-Pol GODART 

1961 Mons (BE) – 2005 Aubechies (BE)

Jean-Pol Godart est décédé accidentellement l’âge de 44 ans. On pourrait penser qu’il aurait pu avoir une œuvre beaucoup plus importante si le sort en avait décidé autrement, mais rien n’est moins sûr. Dans un élan de création qui a duré quelques années Jean-Pol a réalisé 13 croix, assemblés de divers morceaux de bois et de clous essentiellement. Croix parfois rehaussées de couleur. Est-ce que Jean-Pol était croyant ? A-t-il représenté des crucifixions ? Pour la première je ne sais pas pour la seconde on pourrait le penser, mais ce n’est peut-être que la représentation d’une image qu’il avait vu et l’avait marqué. Il n’y a peut-être pas d’autres messages. Toutefois ses interrogation existaient « Dieu existe-t-il ? Va-t-on au ciel quand on est mort ? Va-t-on en enfer ? Et le diable ? Et l’enfer ? » Dans tous les cas Jean-Pol est parti avec ce mystère et sans doute ses interrogations. La réalisation de ces sculptures, de ces assemblages a finalement duré peu de temps au regard de sa vie, mais ont inscrit Jean-Pol au panthéon des artistes alors que lui n’avait probablement pas l’intention de faire œuvre. 

Bruno Gérard, 2017

Les croix de Jean-Pol Godart ont été exposées dans de nombreuses expositions organisées par Art en Marge : Des Croix chez Art en Marge, en 2002, ainsi que lors de la présentation de la Collection d’Art en Marge au Museum Dr. Guislain, à Gand, en 2003 et à la Halle Saint-Pierre, à Paris, en 2003. Ces représentations ont suscité plusieurs expositions : In partes tres, au Mac’s Grand-Hornu, à Hornu, en 2004 (commissaire Laurent Busine) ; La Belgique visionnaire, à Bozar, à Bruxelles, en 2005 (commissaire Harald Szeemann) ; Visions singulières, à Bozar, à Bruxelles, en 2005 (commissaire Carine Fol) ; Loss of Control, au Marta Museum, à Herford, en 2008 (commissaires Jan Hoet et Carine Fol). 

Un de ses 13 croix est conservée au art & marges musée, à Bruxelles. 

Portrait d’artiste

Dieu existe-t-il ? Va-t-on au ciel quand on est mort ? Va-t-on en enfer ? Et le diable ? Et Jésus ? 

Les interrogations métaphysiques de Jean-Pol se transposent dans une accumulation de crucifix de tailles diverses, colorés ou non en fonction de ses états d’âme. Le tronc et les membres de ses christs, chacun symbolisé par des morceaux de bois collés, de-ci de-là, sont cloués laborieusement par un profond silence, proche du recueillement. La  crucifixion est longue, pénible, parfois plus de trois heures pour un clou transperce un bras, un pied. Souvent le métal plie, semble refuser la tâche sacrilège que le tortionnaire lui impose ! Et enfin, après d’interminables journées de supplices, Jean-Pol pose son manteau, fixe la croix et son regard semble se perdre vers un infini qui l’exorcise un instant de ses angoisses. 

(Mario Delbianco, « Jean-Pol Godart », in :  Art en Marge. Collection, Edition Art en Marge, Bruxelles, 2003)

 

Des croix réduites à leur plus simple expression, deux morceaux de bois assemblés, parfois peints, souvent criblées de clous comme pour accentuer le caractère sacrificiel de l’objet. Il en résulte une émotion universelle. Directeurs de musées, commissaires internationaux ou unanimement reconnu la qualité de cette oeuvre habitée, reflet d’un indubitable mysticisme. 

(Carine Fol, « Cell’art Group : création et partage d’émotion », in : Cell’Art Group, Edition Home André Livémont, Aubechies, 2009)

 

Pendant un certain temps, il n’a confectionné pratiquement que des crucifix au moyen de bouts de bois qu’il assemblait. 

Il est parti avec le sens de ces créations. Était-ce des témoins de sa foi ? Était-ce les traces d’un rapport particulier avec l’au-delà ? Pour toute réponse, il ne reste que les crucifix. 

(Jacky Legge, « Jean-Pol l’absent », in : Cell’Art Group, Edition Home André Livémont, Aubechies, 2009)