Jean-Pascal PÊCHEUX

1965  Doucy (FR)

Photo © Jacques Robert

Peu communicatif au niveau de la parole, Jean-Pascal nous propose depuis des années sa galerie de portraits. Cette multitude, cette foule de visages réalisés au marqueur avec beaucoup d’attention, de concentration, n’est, peut-être, pas aussi anonyme que l’on pourrait le penser et est, peut-être, le reflet de personnes que Jean-Pascal connaît ou a croisées au fil des années. Aujourd’hui chaque dessin lui demande pratiquement trois à quatre mois de travail.

(Bruno Gérard, Débridé(e)s, Ed. Centre La Pommeraie, Ellignies-Sainte-Anne, 2008 – Prix Fondation Désidé Jaumain)

En arrivant à l’atelier, il ne commence à travailler directement. Il doit respecter tout un rituel. Si la place où il s’assied habituellement est occupée, il reste là sans bouger attendant que l’on trouve la solution pour lui.
Bruno Gérard, animateur de l’atelier dessin du Centre La Pommeraie
(Bruno Gérard, « Jean-Pascal Pécheux », in : 25 artistes de La Pommeraie, Ed. 
Centre La Pommeraie, Ellignies-Sainte-Anne, 2000)

Jean-Pascal est toujours assis à la même place, à la première table de l’atelier. Il plie la feuille avec délicatesse pour être juste au-dessus de la zone qu’il va travailler. Rien n’est tracé au crayon préalablement. Il regarde régulièrement ce qui se passe autour de lui, mais quelques secondes plus tard, il s’adonne à son ouvrage, comme un ouvrier consciencieux. (…) Il est penché sur sa grande feuille, son visage est à quelques centimètres du support (…). Il ne parle pas, il respire bruyamment et, de temps en temps, il grogne, mais comme si c’était un soupir. Il regarde sa feuille, choisit un autre espace resté vierge et reprend le dessin de formes, cercles et traits. S’il est au bord de la feuille, son trait hésitant suit le bord du support, sans débordement. 

Jacky Legge, coordinateur des expositions à la maison de la culture de Tournai
(Jacky Legge, in : Emergence, Ed. Centre La Pommeraie / Maison de la Culture de Tournai, Ellignies-Saint-Anne / Tournai, 2015)

Tous ces visages sont réalisés de la même façon, le signe du nez, de la bouche ou des yeux sont toujours identiques. Cette uniformité de représentation, l’utilisation d’une seule couleur, donnent à son dessin une infinité de sensations.

Bruno Gérard, animateur de l’atelier dessin du Centre La Pommeraie
(Bruno Gérard, « Georges Cauchy », in : 25 artistes de La Pommeraie, Ed. 
Centre La Pommeraie, Ellignies-Sainte-Anne, 2000)