Isabelle LAURE

1989  Lyon (FR)

Photo © Jacques Robert

Isabelle Laure apporte beaucoup de fraîcheur au sein de l’atelier (du Centre La Pommeraie) dont la moyenne d’âge a tendance à s’élever. Encore très jeune, elle est née le 27 juillet 1989. Isabelle est un véritable joyau encore à l’état brut, elle dessine avec une aisance déconcertante le portrait, la foule. Les marqueurs noirs de différentes grosseurs courent sur la feuille sans hésitation. On dirait qu’elle dessine sans prendre le temps de respirer et que son marqueur ne quitte jamais la surface de la feuille. Pour trouver l’inspiration, elle s’aide de brochures de mode ; les modèles figés, lisses, sans caractère dont elle s’inspire sont transcendés et semble montrer toute la noirceur du monde, l’intensité des vies abandonnées. Les visages s’interpénètrent, se mélangent, il n’y a pas de profondeur dans son dessin, tout est sur un même plan. Il me semble qu’Isabelle est à l’aube d’un travail artistique rare.

(Bruno Gérard, Trouble pictural. Saison 2, Maison Folie Le Colysée de Lambersart, Edition Centre La Pommeraie, Ellignies-Sainte-Anne, 2014

Le mercredi matin, Isabelle Laure est systématiquement assise à la première du bloc de six tables, à l’entrée de l’atelier. Elle se penche sur la grande feuille un crayon à la main. Elle regarde régulièrement une photographie d’acteurs dans le beau livre un peu fatigué « La Saga Twilight : Les archives complètent des films » (…). C’est sa source d’inspiration constante. A côté du livre, quatre marqueurs acrylique noir Posca ; deux 8 mm, et deux autres, 0.9-1.3 mm. (…) Isabelle peut déposer son crayon mèche 0.9-1.3 mm et prendre le 8 mm, sans qu’elle ne puisse donner une explication à ce choix. Pourtant cette modification est profonde et change la perception de la composition. Elle apporte un rythme particulier. Un passage de l’image fixe à l’image animée, des deux dimensions à la troisième.
Jacky Legge, animateur socio-culturel à la maison de la culture de Tournai
(Jacky Legge, in : Emergence, Ed. Centre La Pommeraie / Maison de la Culture de Tournai, Ellignies-Saint-Anne / Tournai, 2015)

C’est un véritable fourmillement de traits continus, desquels se dégagent assez nettement le visage et les mains. A mieux observer le processus du dessin, on remarque que le trait continu est en réalité une succession de traits plus courts qui forment la ligne. C’est après avoir terminé le premier personnage, qu’elle attaque le second et ainsi de suite. Isabelle fait un va-et-vient constat de la feuille à la photo, et – effectivement – la structure du dessin correspond bien à la composition du cliché. (…) Isabelle est constamment concentrée sur action, ne disant pas un mot (…), toujours penchée à quelques centimètres de la feuille, ses longs cheveux se répandent sur le papier, comme pour renforcer le réseau dense de traits qui, depuis qu’elle y a intégré les quatre héros de la « Saga Twilight », occupe toute la surface de la feuille.

Jacky Legge, animateur socio-culturel à la maison de la culture de Tournai
(Jacky Legge, in : Emergence, Ed. Centre La Pommeraie / Maison de la Culture de Tournai, Ellignies-Saint-Anne / Tournai, 2015)