François DEFONTAINE 

1964  Douai (FR)

Photo © Jacques Robert

Sans doute un des artistes les plus talentueux de l’atelier. Sa création est directement liée à son quotidien. Enfant  d’une famille nombreuse, il a grandi dans les corons près de Douai. Totalement incontrôlable lors de ses retours en famille, il se nourrissait de sa vie de « patachon » à l’ombre de la protection de sa maman. « Œuvre rabelaisienne », il avait toutes les audaces, toutes les fantaisies. Au lendemain du décès de sa maman, la création de François s’est éteinte. Sans nourriture, elle ne peut être que fade. Pourtant l’envie ne manque pas et parfois au détour d’un dessin je sens que la fulgurance de son talent pourrait reprendre le dessin…

(Bruno Gérard, Débridé(e)s, Ed. Centre La Pommeraie, Ellignies-Sainte-Anne, 2008 – Prix Fondation Désidé Jaumain)

Bruno Gérard avait vu juste.  Ses dernières recherches artistiques sont d’une intensité plastique déconcertante. Le nu féminin, son sujet de prédilection depuis les années 1990, s’est doucement transformé en une décomposition corporelle constituée de formes colorées, jusqu’à parfois atteindre une peinture totalement abstraite, sinon abyssale.

(Bruno Gérard, Débridé(e)s, Ed. Centre La Pommeraie, Ellignies-Sainte-Anne, 2008 – Prix Fondation Désidé Jaumain)

Portrait d’artiste

Defontaine a la peinture chevillée au corps. Si ce n’était le cas, il ne s’exprimerait pas avec ce sens de la concision, cet appétit des colorations qui signent toutes ses oeuvres. Ceci pourtant ne veut pas dire que la peinture soit “sa vie”. En effet, il ne peint qu’encouragé à le faire. Il préfère tellement fumer sa cigarette à regarder le temps s’écouler à perte de vue…

Roger Pierre Turine, critique d’art
(Roger Pierre Turine, « Des cariatides, des elfes et des chiffres », in : Appel Group, Edition Centre La Pommeraie, Ellignies-Sainte-Anne)

C’est devant un nu de Modigliani que François Defontaine découvre un nouvel alphabet. Celui qui écrit la femme : une courbe est le sourcil et l’arête du nez, un oval est l’œil, un rond le sein, l’autre est une courbe encore. Un accent circonflexe retourné écrit le sexe. Inspiré par cette lecture, François crée son propre code de préludes et variations sur un même thème : le corps féminin. Inventaire de déesses fantasmagoriques.

Françoise Henrion, ex-responsable du Centre de Recherche et de Diffusion d’Art en Marge, à Bruxelles
(Françoise Henrion, in : Michel Dave et François Defontaine, Mons, Salle St-Georges, 1996)

François Defontaine, lorsqu’il peint ses cariatides, emprisonne l’espace de la toile en lignes directrices : la poitrine, le visage souriant, le sexe à la pilosité généreuse en sont les cloisons que des couleurs d’abord effrayantes – mais qu’il domine très vite – distinguent de l’oeuvre précédente. Ainsi, en une trame toujours semblable, ses icônes aux bras et aux jambes atrophiés par le champ pictural, comme si le peintre se concentrait avant tout sur les attributs féminins, offrent-elles le spectacle souriant d’un chemin de croix, l’aspect rassurant d’une femme tentatrice.

Xavier Canonne, ex-chef du Secteur des Arts plastiques de la Province de Hainaut et actuel directeur du Musée de la Photographie à Charleroi
(Xavier Canonne, in : Michel Dave et François Defontaine, Mons, Salle St-Georges, 1996)