Daniel DOUFFET 

1948  Ougrée (BE)

Photo © Jacques Robert

Attiré par les belles demeures, Daniel s’est finalement tourné vers la représentation des parcs, des jardins ne gardant de ces châteaux que leurs blasons. Travail en noir et blanc il rejoint dans ses grandes fresques abstraites nos jeux d’enfance. Le compas trace le cercle, le transforme en rosace pour ensuite travailler le plein et le vide, le blanc et le noir. Travail à la fois ludique et très complexe, il trace avant de commencer son dessin, au crayon gris, tous les 5 millimètres, des verticales puis des horizontales pour finir par les diagonales. Cette construction rigoureuse pourrait donner à son dessin beaucoup d’austérité mais les petites erreurs de mesure qui se glissent ici et là donnent au contraire à sa création beaucoup de poésie. Un dessin lui prend plus ou moins trois mois de travail. 

(Bruno Gérard, Débridé(e)s, Ed. Centre La Pommeraie, Ellignies-Sainte-Anne, 2008 – Prix Fondation Désidé Jaumain)

·         Le mercredi matin, Isabelle Laure est systématiquement assise à la première du bloc de six tables, à l’entrée de l’atelier. Elle se penche sur la grande feuille un crayon à la main. Elle regarde régulièrement une photographie d’acteurs dans le beau livre un peu fatigué « La Saga Twilight : Les archives complètent des films » (…). C’est sa source d’inspiration constante. A côté du livre, quatre marqueurs acrylique noir Posca ; deux 8 mm, et deux autres, 0.9-1.3 mm. (…) Isabelle peut déposer son crayon mèche 0.9-1.3 mm et prendre le 8 mm, sans qu’elle ne puisse donner une explication à ce choix. Pourtant cette modification est profonde et change la perception de la composition. Elle apporte un rythme particulier. Un passage de l’image fixe à l’image animée, des deux dimensions à la troisième.
Jacky Legge, animateur socio-culturel à la maison de la culture de Tournai
(Jacky Legge, in : Emergence, Ed. Centre La Pommeraie / Maison de la Culture de Tournai, Ellignies-Saint-Anne / Tournai, 2015)

·         C’est un véritable fourmillement de traits continus, desquels se dégagent assez nettement le visage et les mains. A mieux observer le processus du dessin, on remarque que le trait continu est en réalité une succession de traits plus courts qui forment la ligne. C’est après avoir terminé le premier personnage, qu’elle attaque le second et ainsi de suite. Isabelle fait un va-et-vient constat de la feuille à la photo, et – effectivement – la structure du dessin correspond bien à la composition du cliché. (…) Isabelle est constamment concentrée sur action, ne disant pas un mot (…), toujours penchée à quelques centimètres de la feuille, ses longs cheveux se répandent sur le papier, comme pour renforcer le réseau dense de traits qui, depuis qu’elle y a intégré les quatre héros de la « Saga Twilight », occupe toute la surface de la feuille.

Jacky Legge, animateur socio-culturel à la maison de la culture de Tournai
(Jacky Legge, in : Emergence, Ed. Centre La Pommeraie / Maison de la Culture de Tournai, Ellignies-Saint-Anne / Tournai, 2015)